vendredi 21 juin 2019

Kimolos, randonnée et le tour à la voile

Enfin Kimolos

Cela fait plusieurs années que cette île en dehors des grands circuits touristiques nous attirait. Nous y avions effectué un mouillage dans son nord est, baie de Prassa en 2016???? et nous nous étions promis d'y revenir, fortement incités par nos amis navigateurs de "Potron-Minet" qui y sont déjà passés. Il est vrai que Milos, toute proche et que nous avions adorée draine l'essentiel des touristes et navigateurs.
Ces deux îles voisines ont une forte empreinte géologique volcanique et des exploitations minières qui en font la principale richesse.

Le 14 mai, nous appareillons de Sifnos Vathi pour une petite étape, petit temps, petite pluie...
Et nous arrivons dans le petit port de Kimolos Psathi où nous avons la chance de prendre une place le long du quai intérieur sud-est. L'autre coté du quai accueille les ferry et les cargos de ravitaillement.


C'est l'idéal car on est protégé des vagues du sud sans avoir besoin de mouiller l'ancre, exercice qui reste toujours un peu aléatoire et quelquefois angoissant. Là, nos solides amarres nous tiennent à quai. Nous pourrons visiter l'île sans arrières pensées et comptons bien en profiter. Pour la première nuit, nous serons 3 voiliers dans le port gratuit (eau comprise).
Nous ne t'avons encore pas parlé de la nouvelle taxe qui a été instituée par les impôts grecs pour tous les navires de plaisance de plus de 7 m, la TEPAI. La loi impose que l'on inscrive notre voilier sur un fichier national et que l'on déclare nos mois de navigation dans les eaux grecques. Puis, muni d'un e-paravolo attestant notre inscription, nous devons payer avant la date butoir du 20 mai 2019. 
Les coastgards de Kimolos, très sympathiques au demeurant, contrôlent leurs premiers voiliers concernés par cette nouveauté qui agite les conversations et les cerveaux. Ils nous conseillent de passer à l'agence postale du village pour faire le paiement (33 euros / mois pour notre voilier faisant moins de 12 m) !


A 20 m de KaïtoS, de l'autre coté du quai, deux navires : 
  1. Un ferry Hellenic-seaway qui fait un arrêt minute pour débarquer et embarquer quelques passagers, voitures et camions.
  2. Un cargo militaire qui apporte l'eau potable. La station de désalinisation de l'eau de mer qui est en bout de quai est suffisante pour l'hiver mais insuffisante dès que les touristes arrivent, faisant exploser la population de l'île, 769 habitants en 2011. Ce cargo qui apporte 600 tonnes (m3) d'eau mettra près de 24 heures à vider sa cargaison dans les citernes de l'île.
     

Sitôt arrivés et amarrés, nous recevons le cadeau de bienvenue du premier bar café taverna du port, "Postali" qui espère nous avoir comme clients. C'est copieux et délicieux pour le capitaine, un peu trop sucré pour la première matelote.


Une première balade nous fera monter à la Chora, village principal de l'île.


Le Kastro ou château est une mini ville fortifiée où se massait la population quand elle craignait les invasions, ottomanes surtout.

Des portes.


A l'intérieur, quelques maisons habitées, certaines rénovées et d'autres en ruine. Parions que cela ne durera pas !


Après la traversée du village, nous attaquons un sentier censé nous faire visiter les hauteurs de la ville en direction de la côte est.


Un magnifique monopatia (chemin pour les piétons) dans les figuiers de barbarie.


Jean-Yves parle à l'oreille des chevaux.


Petite pause sur le chemin du retour. Tu remarqueras que les températures du mois de mai sont un peu frisquettes mais idéales pour la randonnée.


La conscience écologique ne fait pas partie de l'héritage que ce papa laissera à son fils. Les 2 motos sont fort pétaradantes et polluantes.




Dans le port, sans nous précipiter dans la première, nous rendrons visite à cette taverna dont le tamaris entre par la fenêtre et ressort par le toit !
Nous y serons rejoints par nos deux nouveaux amis espagnols, María José et Alejandro qui sont arrivés au matin dans le port avec leur voilier "Atair". 
Jean-Yves qui s'est déjà frotté au site internet de l'administration pour le Tepai et e-paravolo (quand tout part à vau l'eau) sert de conseiller spécial à Alejandro pour qu'il se déclare. Le lendemain matin, Alejandro qui souhaite appareiller ce jour sera le premier à faire son paiement à la poste et à obtenir le précieux tampon des coastguards sur le DEKPA, qui atteste qu'on est en règle :


A 10 minutes près, nous serons les deuxièmes. Le jeune officier des coastguards me donne des conseils météo et me parle de sa ville, Kavala. 

De Psathi (le port) à Bonatsa 



Nous profitons bien de cet amarrage exceptionnel pour retourner en balade vers le sud de l'île.



Nous monterons à 80 m d'altitude par un chemin qui nous fera visiter deux chapelles, Saint Modestos et Saint Pandeleimonas.



Au retour, par la route, ce siège, dans un bar non ouvert, nous intrigue.


C'est une céramique !


Nous revenons par la route et, surprise, au bord du fossé, nous découvrons cette casquette Roundup 12 de Bayer (Monsento). Cela veut dire que dans cette nature qui paraît préservée, la multinationale incite les petits cultivateurs à utiliser ses produits que beaucoup de scientifiques classent comme probablement cancérigènes ! La casquette ira dans la première poubelle. Si d'ailleurs la casquette est la seule protection utilisée par les cultivateurs lors de la pulvérisation de ces poisons, bonjour les dégâts !




Le geowalk vers σκιαδι (skiadi)

A Milos, nous avions apprécié les sentiers géologiques "Geowalk" et le dernier concerne Kimolos.
Le 18 mai, nous louons un scooter pour faire l'approche sur cette boucle marquée violet.


Au passage, nous repassons par la ville "Chorio Kimolos" 


Puis, nous croisons ce Grec qui ne rechigne pas à la photo. Cela semble encore un moyen de locomotion adapté au relief et aux chemins. 


A l'embranchement vers l'ouest, nous laissons le scooter pour nos souliers et bâton de randonnée. 


La nature est luxuriante et les fleurs témoignent que la période récente a été humide.


Il y a tellement de fleurs que cela vaudra bien une page spéciale.


Les abeilles ont de quoi se régaler...


    

Le "Geowalk" est très bien balisé ainsi que les sentiers de randonnée qui sillonnent l'île.



Quelques cultures en terrasse subsistent avec des céréales, des oliviers...



Le Geowalk fait partie du sentier n°2.



Nous arrivons dans cette zone de rochers sculptés par le vent.


Le clou de la journée, objectif de ce "geowalk" : une ombrelle, comme l'appellent les locaux, champignon pensons nous, mais corrigés par notre géologue préférée, nous dirons cheminée de fée.


Le chapeau d'ignimbrite (roche dure issue de pluies volcaniques incandescentes) brun poreux grossier est assis sur le cou de tuff blanc qui s'est érodé plus vite.



Cette ombrelle (σκιαδι Skiadi) est parfaite pour la sieste d'autant que nous ne verrons pas âme qui vive pendant cette randonnée.



Détail de la base de tuff, volcanique aussi !



Retour par la côte. 


Les 75 cm3 du scooter nous aident bien à aller jusqu'à la plage de Prassa, au nord-est de l'île. Repos après baignade.


Jean-Yves inspecte les environs et va jusqu'à la mine à ciel ouvert d'où on extrait du tuff ou bentonite  qui fait la richesse de l'île. C'est utilisé pour de multiples applications : adjuvants pour béton, litières pour chats, industrie alimentaire, argile etc...(https://fr.wikipedia.org/wiki/Bentonite).


De kimolia, qui signifie craie, à Kimolos, il n'y a qu'un pas !



Retour par la chora où on prépare l'arrivée des touristes début juin.

Le tour de Kimolos à la voile


Cap au nord pour un tour en deux jours. Nous repassons devant la mine de bentonite.

Nous ferons un mouillage devant la plage de Mayrospilia, qui est entière pour nous !



Il paraît qu'on peut voir des vestiges archéologiques de tombes dans cette baie ?


La couleur de l'eau incite à la baignade mais elle reste un peu fraîche, autour de 19 degrés.
Les vents n'arrêtent pas de tourner et sont conformes à la météo. Nous sommes obligés d'aller mouiller sur la cote de Milos, près du port de Pollonia.


 Nous y verrons le coucher du soleil et ...


le lever de pleine lune !



Trace de KaïtoS à Kimolos.


Retour sur Kimolos à la recherche des tombes sous marines. Ne sachant pas très bien leur localisation et l'eau étant fraîche, nous cherchons avec l'annexe mais le vent ride la surface et empêche de bien voir le fond. Ce sera pour une autre visite.


Quelques belles cheminées au bord de l'eau.




Retour le soir même dans la baie à l'ouest d'Appolonia sur Milos où nous bénéficions encore d'un spectacle très estimé.
C'était le 19 mai. 
A bientôt, avec les fleurs de Kimolos.