jeudi 14 juillet 2016

De Tinos à Volos

Départ vers Eubée

Le 20 mai, nous décollons enfin de Tinos ! Nous avons un rendez vous le 4 juin à Volos et d'ici là, nous devrons remonter vers le nord. Un choix cornélien : passer entre Eubée et la côte, le chenal d'Eubée ou passer par l'est. C'est souvent la météo qui décide. Le meltem annoncé à partir du 23 nous fait choisir le chenal.


Au moment de mettre le contact moteur et d'appuyer sur le starter : rien ! La batterie moteur donne des signes de faiblesse. Un gros fil de cuivre pour réunir la batterie de service avec celle du moteur et ça repart. Il va falloir penser à régler ce problème.
Ce sera une étape de 55 miles, avec moteur, spinnaker, et même les deux en  même temps, car il faut arriver avant la nuit. Nous affalons le spi et terminons au moteur, sous un ciel nuageux, gris et même qu'il pleuviote puis il pleut franchement pour l'arrivée à l'île déserte de Xero ! Nous mouillons l'ancre dans une baie déserte protégée du vent de sud annoncé assez fort pour demain.



Départ de Xero

Nous choisissons deux ris dans la grand-voile et le foc réduit de deux pastilles.


Eliane est contente de barrer au grand largue, ça commence à décoiffer.


C'est au tour de Jean-Yves et le vent se renforce à 6 Beaufort.




Bien sûr, nous surveillons le speedomètre qui marquera une pointe à 11,3 nœuds au surf sur une vague. Les barreurs sont contents car la mer est très maniable.


Baie d'Almiropotamos, village de Panagia 



Les oliviers millénaires sont à l'honneur.


Les grandes profondeurs du port nous ont contraints à mouiller assez près de la plage, 45 m de chaîne dans 15 m d'eau, en souhaitant que le vent ne se lève pas du nord ouest !
Deux voiliers , belge et français étaient au quai, que nous avions évité en craignant la rotation du vent. 
À minuit, le vent avait tourné du SW au NW ! En forcissant. Clapot ! Eliane me réveille, nous sommes à 20 m de la plage. L'alarme de mouillage réglée trop large n'avait pas sonné. Branle bas de combat, moteur, relever l'ancre et dégager. Puis nous accédons à Agios Dimitrios que nous ne connaissons pas, avec sa cartographie imprécise. Nous approchons doucement sous les rafales , ciel sombre éclairci par moment par la pleine lune, éclairs, tonnerre.
Nous avions repéré hier , de loin, un voilier au mouillage. Nous irons à 50 m de lui et mouillons prudemment par 15 m, 60 m de chaîne. Rafales catabatiques ! Une heure de veille pour surveiller l'évitage et s'assurer que le mouillage tient. Pendant ce temps, un des voiliers à quai rejoint le mouillage et avance beaucoup plus près de la plage. Ce matin, nous nous rendons compte que le deuxième voilier à quai est là aussi !
  

Copie d'écran de nos 2 milles parcourus de nuit sous les éclairs et avec la lune !

Autant dire que la nuit a été fractionnée ! Le lendemain, nous avons coincé la bulle en attendant le retour du soleil, sous la pluie, les rafales et éclaircies.
Il nous faudra 2 jours pour attendre que le vent se calme un peu.

Karavos, le port d'Aliverion



Karavos, est remarquable par sa centrale thermique et les cimenteries (Lafarge) qui pénalisent un peu l'horizon. Les quais de pêcheurs sont cependant très sympathiques.


Nous y rencontrerons Sotiris, un grec parlant parfaitement le français. Il nous invite pour prendre un café. Nous dînerons ensemble le soir et referons le monde et surtout la politique européenne pour la Grèce sur fond de crise et de désillusion.

Chalkis



La capitale d'Eubée : Chalkis (prononcer Kalkis). Avant d'y arriver, nous devons passer sous ce pont routier. Serrons les fesses, ça passe ou ça passe pas ?





Ouf, c'est passé


A droite Eubée, à gauche, le continent, séparés seulement par un pont rétractable de 39 m qui n'ouvre aux bateaux de passage qu'une fois par jour, la nuit, à l'étale de courant. Car c'est ici que les courants sont les plus forts de Grèce, voire de méditerranée, jusqu'à 7 nds en vives eaux. Monsieur Venturi nous l'expliquerait.



Nombres de petits pêcheurs sillonnent ce courant, surtout la nuit !


En attente avant de passer le pont, nous faisons les formalités et nous acquittons des 36 euros pour un passage en semaine ! C'est ici que les deux batteries du moteur et guindeau, négociées et commandées grâce à notre connexion internet, nous seront livrées.


Le passage aura lieu à 11 h du soir. 500 m plus loin, nous terminons notre nuit à quai, avec une petite angoisse quand au moment de partir, nos feux de route ne fonctionnent plus. C'est le quartier des bars et restaurants en nombre impressionnant, c'est vraiment la capitale d'Eubée, deuxième île de Grèce après la Crête.

Atalantis


Après une nuit au mouillage devant l'île déserte "Atalantis" où il est interdit de débarquer (privée), nous passons devant ce petit îlot avec son église et son phare.

Loutra 


A Loutra, nous arrivons à 18 heures, quand les pêcheurs de sardines sortent. C'est une station thermale réputée et le must est de se baigner dans ces baignoires alimentées en eau chaude qui se jette dans la mer.



4 heures du matin ! Les pêcheurs aux lamparos viennent de rentrer (nous réveiller un peu aussi). Leur moteur tournera pendant les 2 heures nécessaires pour nettoyer le filet.


Cette sauterelle volante s'est réfugiée sous notre capote ! Tu peux toujours cliquer sur l'image pour en voir le détails !

îles Likhades



Au nord d'Eubée, le petit archipel des îles Likhades, surnommé la Maldive grecque, nous accueille avec un phoque moine (Monachus monachus) !
https://fr.wikipedia.org/wiki/Phoque_moine_de_M%C3%A9diterran%C3%A9e 
L'effet de surprise au moment de mouiller l'ancre ne nous permet pas la photographie.
Nous sommes entourés de montagnes verdoyantes.



Les fonds très plats nous obligent à mouiller loin de la plage.


Comme disent les bretons, quand les mouettes ont pied, il faut virer ! Même si ce sont des goélands.



Nous passerons la nuit au mouillage devant le petit port de Alkhadion, tous les quais sont occupés. 

Ahilio


Nous découvrons le port de Ahilio, avec pendilles ( ce qui évite d'avoir à mouiller l'ancre).


Le quai est protégé par des enrochements et la pierre la moins chère du pays c'est ?


Le marbre, omniprésent.


Nous constatons que nombre de grecs cultivent leur jardin. Peut être encore plus depuis la crise.


Pour nos revenus de français, cet approvisionnement en légumes au "market" du port ne nous paraît pas cher. Il nous a coûté 9 euros !


Dernière baie avant Volos, Ormos Nies, un paradis des campeurs.
reprenons le livre de bord :
 " Oui, nous sommes restés dans ce beau mouillage calme et reposant. Mais, car il y a un mais ; Il faut toujours se méfier des beaux mouillages et surtout des colères d’Éole. Vers 5 heures du matin, dès potron minet, le vent s'est levé au nord ouest, nous sommes réveillés par le clapot et il n'y avait plus que 70 cm d'eau sous la quille ! Appareillage en catastrophe puis mouillage de l'autre coté de la baie, dans 10 m d'eau et avec moins de clapot.
Nuit très courte pour Eliane, qui a surveillé le mouillage, qui en a profité pour voir le lever du soleil et finir sa saga de Françoise Bourdin "un soupçon d'interdit" tandis que JY retournait dormir."
Deux fois en 15 j, cela suffit !

Volos


A quai à Volos, accueillis par Carlos, un Irlandais qui fait office (officieux) de capitaine du port. C'est la fin du mauvais temps en ce 4 juin, pour l'arrivée de nos deux navigateurs Morgane et Jérôme.


A propos de nos mouillages mouvementés, à Volos, Morgane nous sortira son bon mot :
" quant tout part à vau l'eau"...

En route vers les Sporades et même plus...

Ecrit de Thasos, le 14 juillet.


2 commentaires:

  1. Beau périple, même si pas toujours tranquille...
    Ici ciel variable, températures inégales, bref c'est sûrement mieux là-bas,crise mise à part, évidemment!
    bises
    Françoise

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  2. Superbe la video par Force 6/7!
    Mais quel ciel et quelle grisaille ... vous avez fait un crochet par la Mer du Nord?
    Heureusement que la météo s'est améliorée ensuite!
    Bises des Moustic

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