dimanche 31 juillet 2016

De Volos à Limnos, via les Sporades

Visiter Volos avant le départ vers les Sporades

4 juin, Morgane et Jérôme viennent d'embarquer pour une douzaine de jours. Petit tour dans la ville :


La pierre omniprésente se conjugue avec l'acier

Dans toute la Grèce, on rend hommage à Elefthérios Venizélos , homme politique influent au sortir de la première guerre mondiale, qui a donné son nom à l'aéroport d'Athènes.


Après une première journée de voile dans la baie de Volos, il faut réviser les bases et profiter d'un premier bain pour nos invités.

En route vers les Sporades





En vue de Skiatos


Cet orage à l'approche de l'Île nous incite à nous mettre à la cape ( Grand voile choquée, barre sous le vent et foc à contre pour arrêter le bateau en travers du vent ). Nous échapperons à l'averse qui tombe un peu plus loin.


C'est l'Irlande ou la Grèce ?


Arrivant à Agnondas, île de Skopelos, nous prenons une place à quai et nous ferons déloger 5 minutes après par les autorités qui nous annoncent l'arrivée du ferry, exceptionnellement dérouté du port principal à cause du mauvais temps. Une demi heure après, nous reprenons notre place qu'il faudra laisser avant 8 h le lendemain.


Nous sommes le 7 juin, donc anniversaire de Morgane à fêter avec un mousseux italien!


Dans le port de Néo Klima, du quai où nous sommes amarrés, nous jouissons d'un spectacle ...


 Les parasols sont pliés. Le soleil se couche au loin sur l'île de Skiathos


Nous ferons ensuite le tour de Skopelos, approchant le rocher mythique avec la chapelle de "Mamma mia" dont Jérôme nous entonne le couplet !


Le port principal de Skopelos


L'oeuvre de Jérôme inspiré par la plage.


Sur la route de l'île quasi déserte de Pélagos, nous scrutons les rochers à la recherche de phoques moines. Sans succès.


Nous profiterons de l'eau claire. 


Bien à l'abri dans le sud ouest de cette baie de Planitis, en soirée, le ciel bien noir, sans pollution lumineuse nous permettra d'admirer le Scorpion entouré de Saturne et de Mars.

 Des Sporades à Limnos, étape de 71 milles


 La météo nous annonce des vents faibles en début de journée, se renforçant jusqu'au coup de vent de sud est en soirée. Il ne faut pas traîner et le réveil sonnera à 5 heures 30.


météo.gr pour le 12 juin à 21 heures

Branle-bas de combat à 5h30 du matin, alors que le jour commence à poindre. Jusqu'à 7 h 30, ce sera pétole, au moteur, puis le vent commence à venir par le travers. Nous envoyons le gennaker et la grand-voile. Nous profitons alors de nos deux barreurs émérites.


Le vent et la vitesse monteront progressivement jusqu'à une pointe à 9,2 nœuds. Puis nous remplacerons le gennaker par notre foc pendant que la mer prend de l'ampleur.


A Limnos, nous entrons dans la rade de Moudros et trouverons un abri au nord du quai des ferrys. Contents de notre étape de 71 milles en 11 heures, moyenne 6,7 nœuds avec seulement 2 h 1/2 de moteur. Une aussi longue étape, c'est et une première pour Jérôme qui a barré au moins 6 heures ! 
Le lendemain, le vent soufflera force 6 à 7 Beaufort dans la baie !



 Une belle traversée, ça s'arrose ! 

 Visite de Limnos, cette île à part

Une île au relief très doux avec des plages nombreuses, des champs cultivés et quelques curiosités intéressantes à nos yeux. Nous louons une voiture pour une journée.


 C'est une île très appréciée de ornithologues.


Les zones d'étangs saumâtres abritent une colonie de flamands roses.


Variété de chardons ?


Priorité aux oies


On se demande si ce véhicule est opérationnel ?


Hymne à Maroula Komnini, la Jeanne d'arc de Limnos célèbre pour avoir défendu l'île contre les envahisseurs ottomans vers 1400.

Nous découvrons le Cap Faraklo, un paradis pour notre géologue ! Tu peux bien sûr cliquer sur chaque image pour l'agrandir !
 

  

 


Le 14 juin, mouillage dans une baie quasi déserte, loin de la plage.


L'ouzeri local nous accueille chaleureusement, d'autant que nous sommes son seul client de l'après midi. Éliane fraternise avec Ménélas qui nous a désaltéré !


Ponton local pour rejoindre l'annexe puis KaïtoS avant le coucher du soleil.


Le 15, nous rejoignons la capitale de l'île Limenaria d'où Morgane et Jerôme pourront prendre l'avion pour Athènes puis Nantes. 


Le Kastro, vu du port.
Il y a encore plein de découvertes à faire à Limnos, et on annonce un coup de Meltem qui nous obligera à rester quelques jours. Ce sera le prochain article...

jeudi 14 juillet 2016

De Tinos à Volos

Départ vers Eubée

Le 20 mai, nous décollons enfin de Tinos ! Nous avons un rendez vous le 4 juin à Volos et d'ici là, nous devrons remonter vers le nord. Un choix cornélien : passer entre Eubée et la côte, le chenal d'Eubée ou passer par l'est. C'est souvent la météo qui décide. Le meltem annoncé à partir du 23 nous fait choisir le chenal.


Au moment de mettre le contact moteur et d'appuyer sur le starter : rien ! La batterie moteur donne des signes de faiblesse. Un gros fil de cuivre pour réunir la batterie de service avec celle du moteur et ça repart. Il va falloir penser à régler ce problème.
Ce sera une étape de 55 miles, avec moteur, spinnaker, et même les deux en  même temps, car il faut arriver avant la nuit. Nous affalons le spi et terminons au moteur, sous un ciel nuageux, gris et même qu'il pleuviote puis il pleut franchement pour l'arrivée à l'île déserte de Xero ! Nous mouillons l'ancre dans une baie déserte protégée du vent de sud annoncé assez fort pour demain.



Départ de Xero

Nous choisissons deux ris dans la grand-voile et le foc réduit de deux pastilles.


Eliane est contente de barrer au grand largue, ça commence à décoiffer.


C'est au tour de Jean-Yves et le vent se renforce à 6 Beaufort.




Bien sûr, nous surveillons le speedomètre qui marquera une pointe à 11,3 nœuds au surf sur une vague. Les barreurs sont contents car la mer est très maniable.


Baie d'Almiropotamos, village de Panagia 



Les oliviers millénaires sont à l'honneur.


Les grandes profondeurs du port nous ont contraints à mouiller assez près de la plage, 45 m de chaîne dans 15 m d'eau, en souhaitant que le vent ne se lève pas du nord ouest !
Deux voiliers , belge et français étaient au quai, que nous avions évité en craignant la rotation du vent. 
À minuit, le vent avait tourné du SW au NW ! En forcissant. Clapot ! Eliane me réveille, nous sommes à 20 m de la plage. L'alarme de mouillage réglée trop large n'avait pas sonné. Branle bas de combat, moteur, relever l'ancre et dégager. Puis nous accédons à Agios Dimitrios que nous ne connaissons pas, avec sa cartographie imprécise. Nous approchons doucement sous les rafales , ciel sombre éclairci par moment par la pleine lune, éclairs, tonnerre.
Nous avions repéré hier , de loin, un voilier au mouillage. Nous irons à 50 m de lui et mouillons prudemment par 15 m, 60 m de chaîne. Rafales catabatiques ! Une heure de veille pour surveiller l'évitage et s'assurer que le mouillage tient. Pendant ce temps, un des voiliers à quai rejoint le mouillage et avance beaucoup plus près de la plage. Ce matin, nous nous rendons compte que le deuxième voilier à quai est là aussi !
  

Copie d'écran de nos 2 milles parcourus de nuit sous les éclairs et avec la lune !

Autant dire que la nuit a été fractionnée ! Le lendemain, nous avons coincé la bulle en attendant le retour du soleil, sous la pluie, les rafales et éclaircies.
Il nous faudra 2 jours pour attendre que le vent se calme un peu.

Karavos, le port d'Aliverion



Karavos, est remarquable par sa centrale thermique et les cimenteries (Lafarge) qui pénalisent un peu l'horizon. Les quais de pêcheurs sont cependant très sympathiques.


Nous y rencontrerons Sotiris, un grec parlant parfaitement le français. Il nous invite pour prendre un café. Nous dînerons ensemble le soir et referons le monde et surtout la politique européenne pour la Grèce sur fond de crise et de désillusion.

Chalkis



La capitale d'Eubée : Chalkis (prononcer Kalkis). Avant d'y arriver, nous devons passer sous ce pont routier. Serrons les fesses, ça passe ou ça passe pas ?





Ouf, c'est passé


A droite Eubée, à gauche, le continent, séparés seulement par un pont rétractable de 39 m qui n'ouvre aux bateaux de passage qu'une fois par jour, la nuit, à l'étale de courant. Car c'est ici que les courants sont les plus forts de Grèce, voire de méditerranée, jusqu'à 7 nds en vives eaux. Monsieur Venturi nous l'expliquerait.



Nombres de petits pêcheurs sillonnent ce courant, surtout la nuit !


En attente avant de passer le pont, nous faisons les formalités et nous acquittons des 36 euros pour un passage en semaine ! C'est ici que les deux batteries du moteur et guindeau, négociées et commandées grâce à notre connexion internet, nous seront livrées.


Le passage aura lieu à 11 h du soir. 500 m plus loin, nous terminons notre nuit à quai, avec une petite angoisse quand au moment de partir, nos feux de route ne fonctionnent plus. C'est le quartier des bars et restaurants en nombre impressionnant, c'est vraiment la capitale d'Eubée, deuxième île de Grèce après la Crête.

Atalantis


Après une nuit au mouillage devant l'île déserte "Atalantis" où il est interdit de débarquer (privée), nous passons devant ce petit îlot avec son église et son phare.

Loutra 


A Loutra, nous arrivons à 18 heures, quand les pêcheurs de sardines sortent. C'est une station thermale réputée et le must est de se baigner dans ces baignoires alimentées en eau chaude qui se jette dans la mer.



4 heures du matin ! Les pêcheurs aux lamparos viennent de rentrer (nous réveiller un peu aussi). Leur moteur tournera pendant les 2 heures nécessaires pour nettoyer le filet.


Cette sauterelle volante s'est réfugiée sous notre capote ! Tu peux toujours cliquer sur l'image pour en voir le détails !

îles Likhades



Au nord d'Eubée, le petit archipel des îles Likhades, surnommé la Maldive grecque, nous accueille avec un phoque moine (Monachus monachus) !
https://fr.wikipedia.org/wiki/Phoque_moine_de_M%C3%A9diterran%C3%A9e 
L'effet de surprise au moment de mouiller l'ancre ne nous permet pas la photographie.
Nous sommes entourés de montagnes verdoyantes.



Les fonds très plats nous obligent à mouiller loin de la plage.


Comme disent les bretons, quand les mouettes ont pied, il faut virer ! Même si ce sont des goélands.



Nous passerons la nuit au mouillage devant le petit port de Alkhadion, tous les quais sont occupés. 

Ahilio


Nous découvrons le port de Ahilio, avec pendilles ( ce qui évite d'avoir à mouiller l'ancre).


Le quai est protégé par des enrochements et la pierre la moins chère du pays c'est ?


Le marbre, omniprésent.


Nous constatons que nombre de grecs cultivent leur jardin. Peut être encore plus depuis la crise.


Pour nos revenus de français, cet approvisionnement en légumes au "market" du port ne nous paraît pas cher. Il nous a coûté 9 euros !


Dernière baie avant Volos, Ormos Nies, un paradis des campeurs.
reprenons le livre de bord :
 " Oui, nous sommes restés dans ce beau mouillage calme et reposant. Mais, car il y a un mais ; Il faut toujours se méfier des beaux mouillages et surtout des colères d’Éole. Vers 5 heures du matin, dès potron minet, le vent s'est levé au nord ouest, nous sommes réveillés par le clapot et il n'y avait plus que 70 cm d'eau sous la quille ! Appareillage en catastrophe puis mouillage de l'autre coté de la baie, dans 10 m d'eau et avec moins de clapot.
Nuit très courte pour Eliane, qui a surveillé le mouillage, qui en a profité pour voir le lever du soleil et finir sa saga de Françoise Bourdin "un soupçon d'interdit" tandis que JY retournait dormir."
Deux fois en 15 j, cela suffit !

Volos


A quai à Volos, accueillis par Carlos, un Irlandais qui fait office (officieux) de capitaine du port. C'est la fin du mauvais temps en ce 4 juin, pour l'arrivée de nos deux navigateurs Morgane et Jérôme.


A propos de nos mouillages mouvementés, à Volos, Morgane nous sortira son bon mot :
" quant tout part à vau l'eau"...

En route vers les Sporades et même plus...

Ecrit de Thasos, le 14 juillet.