Chut .... tu ne le répéteras pas !
Nous sommes entrés en Turquie à Kusadasi le 19 juillet, un peu au dessus de Samos et en sommes sortis à Ayvalik, à la latitude de Lesbos le 15 août. Nous avons profité du périple pour faire quelques escales grecques : Chios, Inousses, Lesbos, et donc passer et repasser la frontière ; ce qui théoriquement est interdit par les autorités turques !
Pour notre entrée à Kusadasi, nous accomplirons les formalités, bien facilitées par notre entrée de l'an dernier avec Christiane et Denys de "Pacha". KaïtoS est déjà dans leur ordinateur !
Cela comprend successivement les visites de :
1- La capitainerie du port
2- Le centre de contrôle sanitaire
3- La police de l'immigration
4- Les douanes
5- Puis retour à la capitainerie, tout cela avec force tampons sur un "transit log" et visas sur nos passeports. Cela nous a pris quelques heures et quelques km de marche à pied entre les organismes.
Kusadasi, ville de 57 000 habitants, très occidentale dans le style, reçoit beaucoup de paquebots de croisière qui viennent s'y amarrer et déverser leur flot de touristes venant visiter les sites d'Ephèse, de Pumakalé, etc...
Le Caravansérail ne reçoit plus les marchands de passage ni les pèlerins comme jadis, mais les touristes.
Remontant vers le nord, nous sommes attirés par le mouillage de Sarpdere Limani qui comprend 3 zones où nous pouvons poser l'ancre.
Extrait de notre guide nautique
A Nergis limani, l'eau claire incite à la baignade et l'environnement est désertique. Un pigeon rend visite à KaïtoS.
Nous décidons d'aller visiter la "crique ouest" pour "vider les poubelles" !
Nous découvrons un village d'apparence très neuve et cossue. Il s'agit en fait d'une vaste propriété privée, résidence de vacances pour riches habitants d’Istanbul, avec mosquée, manège pour les chevaux, terrains de sport, terrain pour l'hélicoptère etc, le tout clos sauf côté mer par où nous arrivons.
Près du ponton de débarquement en annexe, nous trouvons le café-bar des hommes qui sirotent leur thé en jouant au Backgammon ou avec leur Ipad ou autre drone.
Nous sommes intrigués par l'extrémité est de la baie où il y aurait comme un port derrière des paravents !
Nous voyons les femmes s'y diriger (avec leur scooter électrique) et apprenons que c'est la zone réservée aux femmes pour la baignade. A l'abri du regard des hommes. Vive la laïcité en Turquie ! Les hommes nous offriront un thé, même à Éliane non voilée.
Nous continuons notre remontée vers Chios et sommes surpris par une brume épaisse qui nous contraint à sortir la corne, n'ayant pas de radar à bord.
Le soir de notre arrivée à Chios, on fête le Saint Paraskevas et même le ferry fait un détour devant l'église du même nom et tire des fusées de détresse, pour faire la fête.
Les particularités de Chios :
Le village de Pyrghi et ses maisons dont le décor est constitué des couches d'enduit noir, blanc et coloré, superposées puis grattées pour en faire les motifs :
Une particularité reconnue par l'Unesco, la récolte du Mastic :
Les arbres à mastic ou Pistachier lentisque (Pistacia lenticus) sont des arbustes qui se reconnaissent dans tout le sud de l'île : de la poudre de craie est répandue à leur pied.
Les récoltants font de nombreuses entailles sur l'écorce et, pendant tout l'été, l'arbre pleure ses larmes de mastic ...
qui seront récoltées au sol, posées sur la craie.
Les larmes solidifiées seront nettoyées et triées à la main lors des soirées d'hiver et transformées pour toutes sortes d'applications dont la liqueur Mastika, des pâtisseries et pommades...
Si tu veux en savoir plus, tu recherches sur le site de l'Unesco avec les mots clefs Mastic et Chios, une excellente vidéo en français explique tout !
Tout à coté de Chios, Inoussès, l'île des armateurs (grecs)
L'entrée du port est surveillée par la sirène.
KaïtoS s'amarre au ponton des armateurs ! Particularité locale, les riches propriétaires de la flotte grecque qui gèrent cela de Londres ou de New-York font vivre cette île et nous offrent gratis l’appontement, l'eau et l'électricité.
Entre parenthèses, nous sommes toujours sidérés de voir que certains yachts à moteur ou à voile abusent de la consommation d'eau dans ces îles qui n'en ont pas et qui sont obligées de la faire venir (bateaux citernes ou pipeline).
Au musée des armateurs, nous sommes accueillis par une figure de proue et on nous rappelle le langage des pavillons. Nous avons au moins à bord les N et C qui sont censés être envoyés en cas de détresse !
Retour en Turquie à Karaada puis Ildir
En mer entre Inousses et Karaada, petite île turque presque déserte sauf les nombreux visiteurs du jour. Le bon vent portant annoncé, la distance courte, 7 milles et notre flemme nous ont conduit à n'envoyer que le foc, sans la grand-voile. Autre avantage, on reste à l'ombre ! Il ne faut pas oublier le pavillon turc!
Arrivée à Ildir
Déjeuner de spécialités locales, artichauts grillés, fleurs de courgettes farcies, bar mariné au citron et ratatouille fraîche.
KaïtoS est le seul voilier dans la baie, surmontée du site archéologique de l'ancienne Erythrée.
pour nous rappeler où nous sommes !
C'est jour de marché.
Avant la nuit, nous rejoignons une petite baie où nous serons seuls et donc très tranquilles pour passer la nuit.
Retour à Inoussès pour la joie de retrouver Chantal et Jean-Pierre sur Chalatte 6, leur magnifique et nouveau ketch.
Mouillage solitaire dans une lagune protégée par un cordon dunaire en pierres.
Vue de l'entrée de la lagune
Le lendemain, nous entrons dans la ville. Il n'y aura pas de place pour KaïtoS mais seulement pour l'annexe.
Ces phoques sont plus faciles à trouver que ceux des rochers de la sirène !
Sur une plage populaire, dans le fond de cette baie, nous verrons des touristes campeurs turcs. La baignade est entièrement habillée pour les femmes ici voilées et couvertes de la tête aux pieds. Bizarre au pays d'Erdogan ?
Rochers aux sirènes que la mythologie assimile aux phoques, au sortir de la baie, direction Lesbos
Nous reviendrons à Lesbos dans un prochain article.
Nous n'irons pas à Izmir, que nous préférons éviter : trop grande ville et port industriel ne font pas très bon ménage avec notre conception de la croisière.
Notre sortie de Turquie à Ayvalik
Nous ferons un petit mouillage forain le jeudi soir dans une baie extraordinairement déserte. On ne voit les lumières de la ville que de très loin. C'est propice pour regarder les étoiles filantes.
Ayvalik est une ville de 30000 habitants où affluent les touristes turcs en été. Nous n'y verrons aucun européen ! C'est aussi un port officiel pour faire notre sortie administrative et nous souhaitions en profiter pour aller visiter le site archéologique de Pergame.
Malheureusement, le tarif du port (60 euros) et notre arrivée un vendredi nous incitent à préparer notre sortie dès le samedi, sans visiter Pergame.
Nous aurons la chance d'être présents le jour du marché et toutes les rues du centre sont couvertes d'étals permanents ou ambulants.
Le boucher travaille dans la rue !
Satis = soldes. Mais la petite fille n'est pas à vendre, heureusement.
La mosquée Çınarlı, comme la plupart des mosquées d'Ayvalik est une ancienne église orthodoxe datant de la période grecque et transformée en mosquée en 1923 après les échanges de populations et l'exode des grecs (nous avons quitté nos chaussures en entrant !)
Bien pratique, ce panneau nous indique, pour ce jour les heures des 6 appels à la prière qui commencent à 4 h 25 et dépendent des heures du soleil. Heureusement, nous sommes suffisamment loin dans la marina car l’électricité et les haut-parleurs ont donné de la voix aux muezzins.
A propos d'espadon ou d'autres poissons, malgré nos efforts de pêche, nous sommes toujours bredouilles.
Les charters à touristes organisent des sorties à la journée dans les magnifiques îles avoisinantes.
Dès le vendredi, nous entreprenons nos démarches de sortie officielle. Hélas, trop de sincérité fait que nous disons à l'officier de police des passeports que nous prévoyons sortir le lendemain samedi ! Trop parlé, il refuse de nous apposer le visa de sortie en nous expliquant que si nous sommes "sortis", nous avons seulement une heure pour quitter le port. Nous serons quitte pour revenir le lendemain à 2 km du port et tomber à l'heure d'embarquement du ferry pour Lesbos avec contrôle tatillon de tous les passagers. Une heure et demi d'attente. La police nous délivre enfin le visa de sortie et la douane nous tamponne notre transit-log dans la foulée ainsi que la police du port. Ouf, nous pouvons sortir !
Nous ferons toutefois un dernier mouillage, solitaires, dans une grande baie à 4 milles au nord ouest de la ville, en face de la petite île de Maden adasi!
Même que Jean-Yves en profitera pour marcher sur l'eau, là où un passage submergé existe entre terre et île !
Nous serons heureux de laisser les mouches turques qui piquent et nous agacent souvent, en Asie !
Finalement, le meltem (vent du nord semblable au mistral) a été clément et notre remontée vers le nord en Juillet Août a été assez facile, hors une période de 8 jours à Samos mi-juillet. Seul un orage est passé à proximité sur les côtes turques ! Nous réclamons de l'eau car n'avons eu aucune pluie depuis juin !
Cap sur Lesbos et retour en Europe !
Mais ce sera un autre épisode...







































, Bravo à tous deux pour cette mise en page , en images , en prose !
RépondreSupprimerTrès bon moment instructif et clair passé en votre compagnie . Pat
Beau reportage, merci de partager avec nous ! Bon vent!
RépondreSupprimerBises, Françoise et Philippe
Beau reportage, merci de partager avec nous ! Bon vent!
RépondreSupprimerBises, Françoise et Philippe
... je me doutais bien que Jean-Yves allait un jour marcher sur l'eau... sa fusion avec l'élément liquide avance ainsi peu à peu... Eliane "non voilée" dit Jean-Yves nous indique que sa fusion avec l'air n'est pas encore aboutie. Chapeau pour la qualité de toutes ces infos.
RépondreSupprimerbravo pour ce magnifique reportage et ces merveilleuses images on en prend plein les yeux
RépondreSupprimerPacha (5)