dimanche 25 octobre 2015

Traversée de l'Egée

Lesbos, une île d'arrivée des migrants...
Le 15 Août, après une dernière nuit au mouillage près d'Eyvalik en Turquie, nous appareillons sous un ciel gris mais par calme plat qui durera toute la journée. C'est donc au moteur que nous faisons route vers l'île de Lesbos.


Sur cette carte, nous voyons notre trace entre le Turquie et le port de Mithimna. La distance entre Lesbos et la Turquie est matérialisée par le trait rouge : 5 milles ou 9 km.
Pendant la route, nous constaterons la présence de nombreux gilets de sauvetage et autres chambres à air gonflées à la surface de l'eau. Nous assisterons de loin à l'arrivée d'un "zodiac" de migrants sur la côte nord qui est constellée de gilets et zodiacs abandonnés sur les plages ou dans les rochers. On imagine ce que cela peut être de nuit ou quand la mer est forte et retourne violemment leurs embarcations sur des rochers.


Le matin, à Mithimna, nous assistons à l'arrivée des "coast-guards" qui patrouillent tous les jours. Ils ont recueilli une cinquantaine de personnes.


Ici, un zodiac "50 places" arrivé jusqu'au port !


Les migrants sont heureux d'avoir mis le pied en Europe, leur eldorado. Le cuisto du bateau de pêche voisin leur distribue une platée de riz.


La plupart attendront sur ce terrain sans commodité d'être pris en charge par les volontaires locaux, par les autorités ou par les ONG.
Beaucoup entament à pied et sans munitions les 70 km qui les séparent de la capitale de l'île Mitilène d'où ils espèrent pouvoir prendre un ferry pour Athènes. 
De là bas, nous nous demandons "mais que fait l'Europe ?". Un peu plus d'humanité et de solidarité avec les grecs qui font ce qu'ils peuvent nous paraît indispensable. Mais les politiques semblent commencer à se mobiliser seulement après que les médias aient fait la une avec une photo d'un enfant noyé ...

Visite de Lesbos


Nous passerons 3 jours à Mithimna ou Molivos qui est une charmante bourgade dominée par son château Byzantin. Maisons en pierres et toitures de tuiles rouges sont caractéristiques.



Les figues commencent à mûrir.


Nous faisons quelques km en bus pour la ville de Petra qui prend son nom du monolithe géant couronné par l'église du XVIIIe siècle de Panagia Glykofiloussa, accessible par 114 marches creusées dans la roche.


La vue dégagée vers l'ouest nous offre des couchers de soleil magnifiques.


Les spécialités locales attirent les touristes, que nous sommes, dans cette boutique ancienne.


Dans la campagne, ici ou là on exploite l'énergie solaire avec ces immenses panneaux (126 fois 100 W) orientables dans tous les plans qui suivent le soleil généreux.


 Lors de ce coucher de soleil, nous aurons la chance rare de voir le "rayon vert", ultime éclat du soleil quand il se couche.



Nous prenons ensuite la route de Sigri où nous avons rendez vous avec notre ami Didier en stage à Lesbos. Nous aurons aussi le grand plaisir de faire connaissance de Panagiota, son amie grecque et prof de français à Patras.


Dans les environs de Sigri, il reste de nombreux vestiges d'arbres pétrifiés. Le bois des séquoias, recouverts de cendres volcaniques et à l'abri de l'oxygène s'est transformé en pierre, il y a 200 millions d'années, par un long processus chimique. C'est une des plus grande forêt pétrifiée du monde.

Traverser la mer Égée
Nous avons rendez vous à Athènes pour le 8 septembre. Aussi faut-il penser à retraverser la mer Égée vers le sud-ouest. 


Première étape : Lesbos - Psara = 43 milles.


Le vendredi 21 août, nous appareillons de bonne heure pour Psara, petite île de 8 km de long au milieu de nulle part.  Le petit village compte 420 habitants, sans doute le double en été quand les familles y retournent pour leurs vacances.


Sur ce promontoire, deux chapelles se partagent un clocher.


Statue à la gloire de Constantin Kanaris, qui s'est illustré en grand marin contre les flottes ottomanes vers 1822 puis comme premier ministre de la Grèce ensuite.



La météo annonce un coup de meltem (fort vent du nord) pour toute la semaine qui vient. Nous recevons par notre accès internet ces fichiers "Grib" qui prévoient la météo et donc le vent sur une période de 8 jours. Quand c'est rouge, prudence ! (prévision du 23 pour le 26/10)
Nous décidons donc de ne rester qu'une journée à Psara et d'entreprendre notre grande traversée vers Eubée (Karistos) le 23 août. 


Lever à 5 h 45 pour profiter en mer du lever du soleil.


Le vent annoncé et la mer agitée à forte nous font choisir la trinquette (petit foc amovible) et la grand voile réduite à deux ris.


Avant d'arriver à Eubée, le détroit de Kafirea est réputé dangereux par mauvais temps de Nord. Heureusement, nous le passerons sous haute vigilance avant que cela ne se gâte. Nous y croisons quelques cargos.


Nous arriverons à Karistos après 10h30 de navigation et 70 milles. Une pointe à 9,6 noeuds et moyenne de 6,6 nds. Nous sommes contents !
Avant la petite vidéo qui suit, saches que nous n'avons pas regretté d'avoir fait cette traversée juste à temps. Dans les jours qui suivent, il y aura 45 nds de vent soit 9 beauforts dans le port de Karistos et nous n'en décollerons que le 1er septembre ! La suite, ce sera une autre histoire ...