dimanche 22 juin 2014

Des Cyclades au Dodécanèse

Eh bien oui, nous n'allons pas te rédiger une page au jour le jour mais plutôt au gré de nos coups de coeur, quitte à revenir en arrière si notre intense activité nous en laisse le loisir ...

Aujourd'hui, nous entrerons en lévitation à Levitha.

Tout d'abord, notre trace réactualisée puisque nous sommes au 22 juin à Patmos. C'est pour nous un retour 34 ans en arrière !


Si tu préfères voyager géographiquement, le lien "google-earth" est en pièce jointe avec nos escales. 

Dans le mail du dernier envoi, nous te posions la question du site de l'épave. La bonne réponse était Amorgos, où ont été tournées des scènes du film "le grand bleu" , en faisant croire que c'était en Sicile. Si on élimine Denys pour délit d'initié car naviguant dans les Cyclades, nous dirons que la meilleure et plus rapide bonne réponse est de Nadège and Co.

Le 14 juin, nous quittons Amorgos (Cyclades) pour le Dodécanèse. Jean-Yves a mal dormi, entre autre à cause du ferry qui est venu à quai à 50 m de nous dans un fracas de chaînes d'ancres et de camions qui débarquent, à 3 h du mat. A 6 h, rebelote avec son départ, il ne résiste pas à aller faire quelques images au soleil levant.



Départ à 7 h 15, immortalisé par nos nouveaux amis Marc et Véronique de "Moustic". Bien qu'ils nous aient "piqué" la place laissée par Jujube IV, nous les remercions de nous avoir retenu, pendant 3 jours, du vent traversier avec une amarre passée sur leur étrave. 

image "Moustic"

Jean-Yves regrette juste de n'avoir pas pris le temps de visiter le magnifique "Walkabout.it" 42 pieds à bouchains vifs, construit par des voisins de quai italiens.




Nous prenons la route du nord d'Amorgos, au moteur puis ayant débordé la pointe est, nous envoyons les voiles pour marcher à 3-4 nds dans une petite houle résiduelle qui empêche KaïtoS de glisser tout fun dans ce petit vent. 

Passant devant la petite Île de Kinaros, la première du Dodécanèse, déserte en hiver, nous entrons dans une ria très étroite. 


Au fond, un bateau de pêche et ses 3 pêcheurs qui nettoient leurs filets et une cabane de berger. Nous nous contentons d'un " Kalimera" car le vent revenu nous laisse espérer finir la journée à la voile ...

13 h, Eliane a eu la bonne idée de préparer un taboulé hier et il est le bienvenu tandis qu'Eole nous pousse gentiment.

15 h 20, nous entrons à Levitha sous haute surveillance. 



Notre carte marine :

Avec "earth" : le détail du mouillage, du village et des surfaces cultivées :



Quatorze corps morts (bouées reliées par une grosse chaîne à un massif béton au fond de l'eau) nous attendent. Cela sécurise le mouillage et évite de labourer les "posidonia" des fonds marins avec les socs de nos ancres, cela dit pour notre tendance écolo ! L'autochtone qui fait l'accueil nous invite à dîner à la Taverna. Venez avec lampes car le chemin caillouteux n'est pas éclairé by-night. 
Nos nouveaux amis de Moustic arrivent à leur tour. Il reste encore des places même si Éliane, coquine, les a prévenu par VHF que c'était complet !



L'environnement est exceptionnel. Une famille d'agriculteur, éleveurs (chèvres surtout), fromagers, pêcheurs, vit sur cette île, par ailleurs complètement déserte d'humains. On voit à gauche dans le fond le petit village.




Aussitôt à l'eau pour un grand plaisir de retrouver une eau claire, presque bonne 20° ! Trois tours de KaïtoS à la brasse et une douche solaire dans la jupe. Sieste car nous nous sommes levés tôt. 

Apéritif Kaitos ( hier soir c'était apéro Moustic), ouzo et tout ce qui va bien ...

Image "Moustic"

Avant le coucher du soleil, nous allons à la Taverna, située à 500 m, à l’entrée du petit village.




 Petite entrée de tzatziki et aubergines farcies. Nous faisons tous les 4 honneur à la viande locale, ragoût de chèvre à la tomate et canelle, accompagné de riz et d'un "kilo" de vin blanc !
Les frais de port déduits (7 euros) l'addition (logariasmos) est aussi légère que c'était bon : 33 euros pour 2. 

Retour à la lampe frontale et attente du lever de lune presque pleine, sous l'éclairage du Scorpion.


Partition de feux de mouillage sous le faible éclat de Séléné, Moustic à gauche!
Nous sommes tellement bien que nous décidons de rester ...quelques jours.
Il y a toujours à faire et Jean-Yves poursuit ses travaux de collage de films solaires sur les hublots pendant qu’Éliane assure la qualité des repas et astique l'extérieur de la coque, maltraitée par nos séjours portuaires.



Les pêcheurs reviennent à quai vers 9 h du mat. Ils ont relevé les filets posés la veille. Jean-Yves les questionne sur leur pêche. Réponse : no fish ou little fish. Ils me montrent toutefois leur vivier qui pend sous le bateau : "langousta" 40 euros/kilo. Affaire conclue. 



Les deux bêtes passeront à la cocotte le matin même. 


 

Un vrai délice qui nous a fait deux dîners consécutifs, nature pour Éliane et sauce yaourt-citron pour Jean-Yves.

Dans l'après-midi, nous partons en exploration pour visite de l'île. 




 



 les sources d’énergie sont rares

 
La biquette, principale ressource de l'île.

Quatre maisons, une chapelle, la pergola qui sert de taverna, des locaux techniques, poulailler, un enclos, c'est tout le village.




Une petite bière Mythos et la préparation de quelques mails.
Le restaurateur nous précise : le réseau pour récupérer sms, météo et mails ne passe que en faisant 40 m vers les chèvres, au sortir de la taverna ! 



L'âne est content de notre visite !

Après trois nuits dans ce mouillage enchanteur où ne peuvent venir que les plaisanciers et pêcheurs, le 17 juin à 7 heures, nous reprenons la route vers Leros où nous devons visiter deux chantiers pour notre éventuel futur hivernage.


La biquette te dit "à bientôt" et te pose la question : à quoi servent ces branchages posés sur le haut des murs ?

Kalispera











vendredi 13 juin 2014

Enfin naviguer vers les Cyclades en 2014

Les 9 et 10 avril 2014, voyage vers Kilada (Péloponnèse) via Roissy, Athènes, une nuit au Pirée, puis une mini-croisière ultra rapide vers Ermioni à 30 noeuds avec un dauphin volant "Cosmote". Une voiture de loc nous attend, en route...


  


Nous trouvons la campagne de Kilada en fleurs


Puis, la baie de Kilada (Argolide) où nous retrouvons KaïtoS 


Au travail ! nos œuvres vives passeront du noir au bleu clair et l'ancre sera blanche pour mieux la repérer au fond de l'eau


Le seul voilier à l'étrave bleue !



Première mise à l'eau le 24 avril. Hélas, l’hélice toute neuve est trop grande et le moteur fatigue à l’entraîner, il faut donc remettre au sec, le même jour et gérer le renvoi puis le retour d'une hélice "JproP" fabriquée en Italie, plus petite. Cet avatar nous vaudra de rester au chantier 3 semaines de plus !

Pour se remonter le moral rien de tel que l'ambiance "maison de retraite active" du Chantier Basimakopouloi.
On y retrouve les amis des années précédentes et quelques nouveaux. 
Le travail sur nos voiliers n'empêche pas les intermèdes, conseils, apéros ouzos, soirées cantina chez Douglas etc...
Et, petit à petit, nous voyons repartir nos amis sur l'eau tandis que d'autres arrivent !
Dur dur la retraite à Kilada.





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On entreprend avec notre amie marathonienne Martine, de Brest, l’ascension du sommet mythique de la région "Profitis Elias", du nom de la petite église qui trône à son sommet à 320m.

Au retour, nous sommes accueillis à bras ouverts par la "bergère" Anita qui surveille son troupeau de chèvres à l'entrée du chemin et nous offre spontanément un café grec dans sa maison bergerie !



Bien sûr, il y a toujours à faire sur un voilier, de la quille à la tête du mât et donc, les jours passent sans déplaisir, et avec les invectives des gens du chantier "Propella ? Propella ?" soit Hélice en Grec.
Pour accélérer la livraison de la nouvelle "Propella", nous décidons de la faire livrer à Athènes et donc d'aller en car y passer 2 jours.

 La montée au Parthénon en Mai est très agréable


 ,
Tous les amis nous avaient conseillé le nouveau musée archéologique et c'est une merveille, du masque en or d'Agamemnon au cavalier de bronze, etc ... On y croise même de nouveaux amis bretons.





 Retour à Kilada et première action, montage de la JproP 15"


 Le 16 mai, un grand jour, il n'est pas interdit de regarder sous les jupes des filles ! ou des baleines ...



Après Porto Cheli, deuxième escale à Ermioni, de concert avec nos amis d'Amarante et de Serene, journée grise et pluvieuse mais pas dans les cœurs. 



Deux voiliers en bois-époxy, KaïtoS et un RM "Harem" dans la petite crique de l’île quasi déserte de Dokos où JY prendra son premier bain, rafraîchissant à 18 °.



Avant notre première grande journée de navigation vers les Cyclades, nous passerons la soirée dans une petite crique au sud d'Hydra et, surprise, nous avons droit à un concert de Cornemuse du capitaine du voilier voisin. 

Le 21 mai, dès potron-minet (6h15), nous appareillons pour une grande et belle journée de voile vers Milos.  Un peu de moteur au départ, puis Grand Voile et Genaker , deux dauphins viennent nous croiser rapidement, puis, le vent forci, KaïtoS s'emballe à 10 nœuds, il faut lever le pied. Deux ris dans la GV puis foc réduit. Nous arriverons à 17 h dans notre première "Cyclades" de l'année, à Milos, à plus de 6 nds de moyenne, contents.



Arrivée à Milos, une ile à découvrir. Nous espérons y trouver le bras de la Vénus (de Milo). Mais ça, c'est la prochaine histoire ...

La genèse de KaïtoS

KaïtoS, quel drôle de nom pour un voilier !


Éliane et Jean-Yves, jylera en raccourci pour les amis, rêvaient depuis des décennies de naviguer sur leur voilier !
 
Nos retraites, pour JY en 2009 arrangent bien les choses. Dès 2007, la recherche du voilier de nos rêves aboutit à Almerimar en Andalousie ou Moorten et Philippe ont réalisé un magnifique "Turbo 1100" plan Villenave (la Rochelle) pour la construction amateur.
En réalité, c'est un vrai travail de pros ! Il s'appelait Banga, nous lui donnerons le nom de KaïtoS, la baleine de la constellation du même nom. On pourra dire que ce nom était mûrement réfléchi car c'était notre choix depuis une quinzaine d'années.